Cher Maurice, mon ami,
en écrivant cette lettre, je me trouve dans l’avion. On se trouve souvent dans des avions quand on commence un voyage, mais cette fois-ci, je viens d’en finir un. Pendant tout l’été, j’ai traversé l’Amérique. Tout au début, j’étais tout seul et je voulais rester tout seul, que avec mon vieux Volks. Mais déjà quelques jours après mon départ, j’ai rencontré une jeune fille. Elle aurait pu être ma fille. Je ne l’ai pas aimée, mais elle est devenue une personne très importante dans ma vie. Elle, qui est beaucoup plus jeune que moi et qui devrait avoir beaucoup moins d’expérience de vie, elle m’a appris plein de choses sur la vie et sur moi-même.
Dans cette lettre, je vais essayer de te raconter ce que j’ai appris et ce qui m’est arrivé pendant le voyage. Je pourrais te le raconter quand je te vois, mais je suis un écrivain et tu me connais assez bien pour savoir que je ne suis pas un grand parleur. Je préfère t’expliquer tout en écrivant.
La chose la plus importante que j’ai appris pendant le grand voyage, c’était qu’il faut pas que j’attende trop de moi-même. Je suis un vrai perfectionniste et je ne suis jamais content avec ce que je fais. Pas avec ce que j’écris, pas avec ce que j’arrive à faire, je suis vraiement pas sûr de moi et des choses que j’ai faites. Mais comme j’ai rencontré cette fille, qu’on appelle la Grande Sauterelle à cause de ses jambes longues, qui vit la « guitare à la main », comme le disait Joe Dassin, j’ai beaucoup changé. Elle est vraiment libre. Elle fait ce qu’elle veut et rien d’autre. Elle est, comme moi, plutôt silencieuse, ne parle pas beaucoup. Mais elle adore lire et elle s’intéresse beaucoup à l’histoire et aux événements historiques. Je l’admire énormément, cette fille, elle a une manière de vivre très libre et elle profite de chacun des jours. En vivant comme ça, elle m’a appris d’être content avec ce que j’ai et avec ce que je fais.
Comme mon meilleur ami, tu sais très bien que j’aime bien être tout seul. Mais cet été, je n’étais quasi jamais seul, elle étais toujours avec moi, j’étais toujours avec elle. Et on ne s’est pas enervés. Elle est vraiement une amie pour la vie pour moi, même si je ne sais pas si je vais la revoir.
Et aussi ma façon de travailler, j’ai appris à l’aimer. Ou peut-être pas à l’aimer, mais à vivre avec elle. J’ai plus de confiance en mon travail et je pense que c’est un truc qui est important à savoir. Car comme écrivain, je ne pourrai jamais dire que ma profession ne fait pas partie de mon caractère. J’avais toujours mes écrivains favoris, des écrivains qui font bien partie du cliché de l’écrivain idéal. Je les admire toujours, mais depuis cet été, je sais que l’essentiel, ce n’est pas d’être un écrivain idéal. Ce qui compte, c’est de faire ce qu’on pense est le mieux de faire et d’être content avec soi-même.
J’éspère que ce que j’écris n’est pas ennuyeux pour toi. Je tiens à te raconter mes sentiments et ma vie. Car toi, tu es une personne très importante dans ma vie et je veux que tu saches ce que je pense.
La prochaine fois quand on se voit, ça sera à toi de raconter ton été et ce qui t’es arrivé.
Merci pour ton amitié.
Amicalement, Jack.
auteur: Enza
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